Une salle de bain est la pièce la plus exposée aux dégâts des eaux, et la plupart des problèmes viennent de ce qui ne se voit plus une fois le carrelage posé : étanchéité, évacuation, tuyauterie, électricité et ventilation. Un devis clair décrit ces postes ligne par ligne ; un devis vague les laisse de côté pour afficher un prix plus bas, et la différence revient souvent plus tard, en avenant ou en sinistre.
Face à un devis de salle de bain, on regarde d'abord le meuble vasque, la robinetterie et le carrelage. Pourtant, ce sont les couches invisibles qui protègent votre logement. Voici les dix points qui méritent une ligne claire sur le devis, et ce que vous risquez s'ils manquent.
Étanchéité sous carrelage : la couche que l'on ne voit plus
Ni le carrelage ni les joints ne sont étanches. Avec le temps, l'eau de la douche finit par passer derrière les carreaux. Sans protection dessous, c'est la cloison ou la dalle qui la reçoit.
En zone de douche, la règle de l'art prévoit un système de protection à l'eau sous carrelage (SPEC), avec un traitement des angles et des traversées. S'il n'apparaît pas sur le devis, il risque de ne pas être fait : une infiltration peut alors dégrader la cloison en quelques mois et toucher le logement voisin.
Pente et évacuation de la douche
Une douche de plain-pied ou un receveur extra-plat demandent une évacuation bien conçue : pente du sol, siphon, diamètre et tracé du tuyau jusqu'à la colonne. C'est souvent le poste le plus technique de la salle de bain.
S'il est mal prévu, l'eau stagne, déborde ou remonte des odeurs, et la reprise oblige à casser le carrelage neuf. Le devis doit dire comment l'eau est évacuée, pas seulement « receveur » ou « douche à l'italienne ».
Tuyaux et vannes d'arrêt
À préciser
Règle de l'art
Souvent oublié
Électricité : volumes de sécurité et protection différentielle
Eau et électricité ne font pas bon ménage : la norme NF C 15-100 découpe la salle de bain en volumes autour de la baignoire et de la douche, avec des règles propres à chacun (prises, éclairage, radiateur sèche-serviettes), et impose une protection qui coupe le courant au moindre défaut, pour protéger les personnes.
Un devis qui prévoit un meuble éclairé, un miroir ou un sèche-serviettes sans ligne électrique correspondante vous expose à un supplément en cours de chantier, ou à une installation qui ne passera pas un diagnostic.
Ventilation
Une salle de bain doit pouvoir évacuer son humidité (arrêté du 24 mars 1982 sur l'aération des logements). Sans ventilation adaptée, la condensation s'installe, les joints noircissent et la peinture cloque, même avec des travaux bien faits par ailleurs. Si la pièce n'a pas de fenêtre, la question mérite d'être posée à l'artisan.
Préparation des murs et du sol
Plaques adaptées aux pièces humides, primaire d'accrochage (sous-couche qui fait adhérer la colle au support), ragréage du sol (enduit qui le remet à niveau) : ces étapes ne se voient pas sur la photo finale, mais elles conditionnent la tenue du carrelage. Quand elles manquent au devis, elles réapparaissent souvent en avenant une fois l'ancien revêtement déposé.
Étanchéité, préparation des supports, évacuation : l'analyse signale ce qui manque et ce qu'il faut faire préciser.
Dépose et évacuation des gravats
Démonter une ancienne salle de bain produit des déchets lourds : faïence, receveur, plaques, sanitaires. Leur évacuation a un coût (benne, déchetterie). Si le devis n'en parle pas, demandez qui s'en charge et à quel prix, avant le début des travaux plutôt qu'à la fin.
TVA à 10 % et mention du devis
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, les travaux de rénovation peuvent relever du taux de TVA de 10 % (article 279-0 bis du CGI), à condition de certifier la mention prévue sur le devis ou la facture (elle remplace l'attestation depuis 2025). Un devis à 20 % sur ce type de travaux mérite une question : l'écart représente une part non négligeable du total.
Fournitures « au choix du client »
« Carrelage au choix du client », « robinetterie au choix » : sans montant ni gamme, ces lignes rendent le devis incomparable avec un autre et laissent la porte ouverte à un supplément. Demandez un budget de fourniture chiffré ou une référence précise pour chaque élément.
Joints et finitions
Joints silicone autour du receveur et de la baignoire, profilés d'angle, plinthes, raccords de peinture : ce sont les finitions qui font la différence à la réception. Si elles ne figurent pas au devis, elles risquent d'être bâclées ou facturées à part. Notez ce qui manque sur le procès-verbal de réception.
Questions fréquentes
Dans un logement de plus de deux ans, la main-d'œuvre et les fournitures posées par l'artisan peuvent relever de la TVA à 10 %, sur une mention du devis que vous certifiez. Les équipements que vous achetez vous-même restent à 20 %.
Son prix dépend de la surface et du système choisi. L'important est qu'elle apparaisse sur une ligne chiffrée du devis : c'est ainsi que vous savez qu'elle est prévue et qu'elle fait partie du prix convenu.
Un dommage qui rend l'ouvrage impropre à son usage peut relever de la garantie décennale de l'entreprise (article 1792 du Code civil). C'est pourquoi l'attestation d'assurance décennale doit accompagner le devis.
- L'étanchéité sous carrelage en zone de doucheNF DTU 52.2
- La préparation des murs et du solNF DTU 25.41
- La tuyauterie et ses raccordsNF DTU 60.1
- L'évacuation de la doucheNF DTU 60.11
- La ventilation de la pièceArrêté 1982
- Le taux de TVA appliquéCGI 279-0 bis