Une installation électrique protège les personnes contre l'électrocution et le logement contre l'incendie. La norme NF C 15-100 fixe les règles de ces protections. Un devis clair dit ce qui est refait et ce qui est conservé, décrit le tableau, les circuits et les pièces d'eau, et prévoit l'attestation de conformité quand elle est demandée. Un devis vague laisse la place aux suppléments et aux installations à moitié reprises.
Un devis d'électricité aligne souvent des lignes techniques difficiles à lire. Pourtant, la question essentielle est simple : qu'est-ce qui sera vraiment refait ? Voici les points qui méritent une ligne claire sur le devis, et ce que vous risquez s'ils manquent.
« Mise en sécurité » ou « mise en conformité » : deux promesses différentes
À préciser
NF C 15-100
À délimiter
Les deux formules n'ont ni le même contenu ni le même prix. Un devis qui emploie l'une pour l'autre peut vous faire payer une rénovation complète pour une intervention limitée, ou l'inverse : croire l'installation refaite alors que d'anciens câbles restent dans les murs.
Le tableau et ses protections
Le tableau électrique concentre les protections de toute l'installation : disjoncteurs par circuit, protections différentielles, repérage des circuits. Une ligne « tableau complet » sans détail ne permet pas de savoir ce qui sera posé, ni de comparer deux devis.
La norme fixe les protections à prévoir contre les surintensités et les défauts d'isolement, ainsi que leur adaptation aux circuits et aux appareils raccordés. Une protection mal choisie peut ne pas couper en cas de défaut : c'est la sécurité des occupants et le risque d'incendie qui sont en jeu.
Circuits, prises et points lumineux
La norme prévoit un équipement minimal par pièce et des circuits dédiés pour les gros appareils : plaque de cuisson, four, lave-linge, chauffe-eau, et demain une borne de recharge ou une pompe à chaleur. Un devis qui ne compte ni les prises ni les circuits rend toute comparaison impossible.
Ce qui n'est pas chiffré au départ revient souvent en supplément une fois les murs ouverts, ou n'est pas fait. Un tableau sans place pour les ajouts à venir oblige aussi, plus tard, à le reprendre.
Terre et liaisons équipotentielles
La prise de terre et les liaisons équipotentielles permettent aux protections différentielles de jouer leur rôle. Sans terre efficace, un défaut sur un appareil peut rester sous tension sans que rien ne coupe. Ce poste est peu visible, souvent absent des devis de rénovation partielle, et pourtant décisif pour la sécurité.
Tableau, circuits dédiés, terre, attestation : l'analyse signale ce qui manque ou reste vague, et ce qu'il faut faire préciser.
Salle de bain et pièces d'eau
Autour de la baignoire et de la douche, la NF C 15-100 définit des volumes de sécurité avec des règles propres pour les prises, l'éclairage et les appareils de chauffage. Un sèche-serviettes, un miroir éclairé ou un meuble lumineux prévus sans ligne électrique adaptée exposent à un supplément ou à une installation non conforme.
Consuel et attestation de conformité
Pour une installation neuve, ou une rénovation complète qui nécessite une nouvelle mise sous tension par le gestionnaire du réseau, une attestation de conformité visée par le Consuel est demandée. Sans elle, le raccordement ou la remise en service peut être bloqué.
Si votre chantier est concerné, le devis doit dire qui établit l'attestation et qui en supporte le coût. Une attestation oubliée peut retarder l'emménagement et entraîner des frais.
Saignées, rebouchage et finitions
Passer de nouveaux câbles impose souvent d'ouvrir murs et plafonds. Le rebouchage, l'enduit et la peinture ne font pas toujours partie du lot électricité. Si le devis n'en parle pas, demandez qui s'en charge : sinon, vous risquez de recevoir une installation neuve dans des murs à reprendre à vos frais.
Questions fréquentes
Pour le raccordement d'une installation neuve, et pour une installation entièrement rénovée qui doit être remise sous tension par le gestionnaire du réseau. Pour des travaux partiels sur une installation alimentée, elle n'est en général pas exigée, mais le devis doit dire ce qui est refait.
Elle traite les dangers les plus graves, ce qui peut suffire pour une installation en état correct. Elle ne remplace pas une rénovation complète : l'important est que le devis dise clairement laquelle des deux est proposée.
Non. Le diagnostic (NF C 16-600), demandé notamment lors d'une vente ou d'une location, repère des anomalies sans chiffrer les travaux. Il aide à comprendre l'état de l'installation ; le devis doit ensuite dire comment chaque point sera traité.
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, les travaux de rénovation peuvent relever de la TVA à 10 % (article 279-0 bis du CGI), sur attestation remise à l'entreprise.
- La nature de l'intervention : sécurité, conformité, rénovation partielleNF C 15-100
- La description du tableau et de ses protectionsNF C 15-100
- Les circuits dédiés et l'équipement des piècesNF C 15-100
- L'attestation de conformité quand elle est demandéeConsuel
- Le taux de TVA appliquéCGI 279-0 bis